21.04.2008
29) Charlie Parker interviewé par Paul Desmond
Pour vous faire patienter, en attendant de nouvelles interviews de nos jeunes jazzmen (et jazzwomen) Bretons, et pour ne pas quitter ce registre particulier, voici un document, peut-être méconnu, que l’on peut trouver en V.O. sur le site Pure Desmond (sous « ephemera »)
(Emission de radio de mars 1954. Boston, Massachusetts)
PD = Paul Desmond CP = Charlie Parker LM = John MacLellan, le présentateur de l’émission. NDT = note du traducteur.
L’interview démarre au milieu d’une phrase
PD…
parce qu’il y a beaucoup de bons musiciens qui jouent sur ce disque, mais le style de l’alto est tellement différent de ce qu’on y entend par ailleurs, et de tout ce qui a pu exister auparavant. Mesurais-tu, à l’époque, l’effet que tu allais produire sur le jazz, en le transformant de fond en comble au cours des dix années à venir ?
CP : Eh bien, disons-le tout net : non, je ne me rendais pas compte que c’était si différent que ça…
JM : J’aimerais glisser une question, si je puis me permettre. J’aimerais savoir pour quelle raison ce changement radical a eu lieu. Après tout, jusqu’à ce moment-là, on jouait de l’alto à la manière de Johnny Hodges et de Benny Carter, et tout à coup, voilà une façon qui semble entièrement nouvelle, non seulement de concevoir cet instrument particulier, mais la musique en général.
PD : Ouais, de concevoir n’importe quel instrument.
CP :
Ouais, je ne crois pas qu’il y ait une réponse à cette question. C’était tout simplement ma façon de m’exprimer, John. C’est comme ça que c’est sorti dès que j’ai commencé à dire quelque chose, ça a été ma conception dès le départ, mon vieux ; je pensais que c’est dans cette direction-là qu’il fallait aller, et je le pense toujours. Bon, bien sûr, tout cela peut être amélioré. Il est des plus probable que dans 25 ou 50 ans un jeunot va se pointer, s’emparer de ce style et en faire vraiment quelque chose, vous me suivez ? Mais bon, depuis que j’entends de la musique, j’ai toujours pensé qu’elle était faite pour être claire et nette, très précise –du moins aussi claire et nette que possible, d’accord ? Et plus ou moins dirigée vers les gens, en quelque sorte, de façon qu’ils puissent la comprendre. Quelque chose de beau, quoi. Vous voyez, c’est formidable, toutes les histoires qu’on peut raconter dans l’idiome de la musique. Je ne sais pas si on peut parler d’idiome, mais c’est tellement difficile de décrire la musique autrement que de la façon élémentaire : la musique, à la base, c’est la mélodie, l’harmonie, et le rythme. Mais enfin, on peut faire beaucoup plus de choses que ça avec la musique. Elle peut être très descriptive de bien des façons, se rapporter à tous les aspects de la vie. Tu ne trouves pas, Paul ?
PD : Ouais, et toi, tu n’es jamais en reste d’une histoire à raconter. C’est une des choses les plus impressionnantes, dans tout ce que j’ai pu entendre de ta musique.
CP : C’est plus ou moins ça le but. C’est comme ça que je voyais le truc.
PD : Un autre truc qui a été un facteur de première importance dans ton jeu, c’est cette technique fantastique, que personne n’a tout à fait égalée. Je me suis toujours posé des questions là-dessus… s’il y avait… si ça résultait des exercices, ou si c’est venu tout simplement en jouant, si ça s’est développé progressivement…
CP : Bon, pas facile de répondre à ça, hein, puisque je ne vois pas du tout ce que ma technique a de si fantastique que ça. J’ai pas mal bossé mon clou, ça c’est sûr. En fait, les voisins ont failli forcer ma mère à déménager, autrefois quand nous habitions dans l’Ouest. Ils disaient que je les rendais dingues avec mon biniou. J’en faisais 11 à 15 heures par jour.
PD : Oui, c’est ce que je me demandais.
CP : C’est vrai, oui. J’ai fait ça sur une période de 3 ou 4 ans.
PD : Bon, d’accord. Je crois que j’ai ma réponse.
CP : En tous cas, c’est la vérité. (rires)
PD : il y a un ou deux mois, j’ai écouté un de tes disques qui m’avait échappé jusque là, et j’ai entendu une petite phrase de deux mesures, une citation de la Méthode Klosé qui m’a rappelé quelques bons souvenirs (Desmond scatte la citation).

CP : Ouais, ouais. J’ai obtenu ce résultat grâce aux bouquins, bien entendu. Naturellement ça ne s’est pas fait avec des miroirs (le miroir, accessoire de l’illusionniste, qui fait prendre le reflet pour la réalité, et permet de se bercer d’illusions. NDT). Il n'y avait pas de "truc", ce coup là ; ça s’est fait par les livres.
PD : Bon, ça me rassure d’entendre ça ; parce que d’une certaine façon j’en étais arrivé à croire que tu étais né avec cette technique, que tu n’avais jamais eu besoin de t’en inquiéter, ni même de l’entretenir pour la garder en état.
JM : Je suis bien content d’entendre parler de ça, parce que je trouve qu’un tas de jeunes musiciens ont tendance à penser que cette préparation n’est pas nécessaire.
PD : Ouais, c’est vrai. Ils y vont franco, ils se pointent aux sessions et prennent du bon temps, mais sans se farcir les 11 heures par jour avec le moindre bouquin.
CP : Oh, mais bien sûr ! L’étude est absolument nécessaire, sous toutes ses formes. N’importe quel talent qu'on porte en soi fonctionne comme une bonne paire de chaussures quand on met du cirage dessus, hein ? Ce que je veux dire, c’est que l’étude fait ressortir le brillant de tout talent qui se manifeste, où que ce soit dans le monde. Einstein a étudié, même s’il possède un vrai génie inné. L’étude, c’est la meilleure chose qui soit, pas de doute là-dessus.
JM : Ca fait plaisir d’entendre ça.
C.P : Il n’y a rien de plus vrai.
PD : Ouais.
C.P : Bon. Alors ?
JM. Quel autre disque ?
CP : Lequel on prend, cette fois ?
JM : J’ai envie de faire un petit saut dans le temps. Charlie, nous avons choisi Night And Day. Est-ce que c’est un enregistrement en Big Band, ou bien avec les cordes ?
CP : Non, celui-là, c’est avec l’orchestre de concert. Je crois qu’il doit y avoir 19 musiciens, ici.
JM. Et si on l’écoutait, alors ? On en parlera après.
Interlude musical : voici Night And Day, par Charlie Parker avec un grand orchestre.
JM : Charlie, le disque suivant nous amène à l’époque où tu as fait équipe avec Diz. Où as-tu rencontré Dizzy Gillespie ?
CP : Eh bien la première fois, notre première rencontre « officielle », si je puis dire, c’était sur la scène du Savoy Ballroom en 1939. C’était la première fois que l’orchestre de Mcshann venait à New-York. J’étais venu à New-York avant ça, mais j’étais retourné dans l’Ouest (Kansas-City, NDT) pour reprendre ma place dans cet orchestre, et je suis ensuite revenu à NewYork avec lui. Dizzy est passé un soir ; je crois que c’était à l’époque où il bossait chez Cab Calloway, et il est venu faire le bœuf. J’étais fasciné par ce mec, et nous sommes devenus très bons amis, et nous le sommes restés. Ca a été la première fois que j’ai eu le plaisir de rencontrer Dizzy Gillespie.
PD : Est-ce qu’il jouait de la même façon à cette époque-là, avant de jouer avec toi ?
CP : Je ne me souviens pas précisément. Tout ce que je sais, c’est qu’il jouait, comme on dirait dans le parler de la rue, beau-koo (sic) de trompette.
JM : Beau-koo ?
CP : Ouais…
JM : Okay…
CP : Vous voyez ce que je veux dire, comme s’il jouait toute la trompette d’un seul coup.
PD : D’accord…
CP : Et on allait faire la tournée des différents endroits, et on jammait ensemble. On se marrait bien, à cette époque-là. Peu après, l’orchestre de Mcshann est retourné dans l’Ouest, et je suis reparti avec eux, et puis je suis revenu à New-York et j’ai retrouvé Dizzy dans "l'organisation " du père Hines en 1941. Je suis entré dans cet orchestre en même temps que lui. Nous sommes restés dans l’orchestre Hines tous les deux pendant environ un an. Il y avait Earl Hines (piano) et Dizzy Gillespie, Sarah Vaughan (vocals et piano), Billy Eckstine (vocals), Gail Brockman (tp), Thomas Crump (alto sax). Oh, et aussi Shadow Wilson (drums). Pas mal de noms qu’on retrouve dans le bizness aujourd’hui se trouvaient dans cet orchestre.
PD : Ca fait une belle brochette…
CP : Cet orchestre s’est dissous en 1941. En 42, Dizzy était à New-York. Il a formé son propre petit combo pour faire le Three Deuces, et c’est là que j’ai rejoint son orchestre, et c’est à ce moment-là qu’on a enregistré les disques que vous allez passer maintenant. Nous les avons faits à New-York en 1942.
PD : Ouais, je crois que la première fois que j’ai entendu ce groupe, c’est quand vous êtes venus au Billy Berg’s, à Hollywood.
CP : Oui, mais ça c’était en 1945, c’était plus tard. On va y arriver.
PD : C’est juste pour montrer à quel point j’étais à la bourre par rapport à tout ça.
CP : Allons allons, Paul. La modestie ne te mènera nulle part.
PD : J’suis zazou ! (rires)
JM : Alors, on le passe, ce disque de 1942 ?
PD : Ouais.
JM (annonce) : Okay. Voici « Groovin’ High », avec Dizzy et Charlie.
(interlude musical)
JM (désannonce) : Groovin’ High, 1942, avec Charlie Parker et Dizzy Gillespie et quelques autres.
CP : Oui.
JM : Je crois qu’il y avait Slam Stewart (b) et Remo Palmieri (g), je crois, et je ne sais pas qui était au piano.
CP : Ouais, je crois que c’était Clyde Hart.
JM : Sans doute ; oui, je crois que c’est ça.
CP : Et Big Sid Cattlett à la batterie, qui est décédé maintenant.
PD : Tu disais qu'à New-York, en 1942, ça envoyait de l’air...
CP : New-York ? Tu parles ! C’était ce qu’on pourrait appeler le bon vieux temps. Tu vois ça d’ici, Paul ?
PD : Oh ouais !
CP : La jeunesse insouciante. (« gay youth », rappel des paroles de Yesterdays. NDT)
PD : Raconte moi-ça.
CP : Eh ben, c’était juste comme j’allais le dire : la jeunesse insouciante, mais pas de thunes.
PD : Ecoutez-moi Papi Parker ! (en 1954, Bird avait 34 ans, Et Desmond 10 ans de moins. NDT)
CP : Il n’y avait rien de mieux à faire que de jouer, et on s’amusait bien à trouver des occasions. J’ai fait des tas de jam-sessions, souvent couché tard, la bonne bouffe, la belle vie quoi. Mais pour les thunes, zéro.
P.D : C’est toujours bon à prendre. Pas de soucis…
C.P : Ca fait partie de la vie, c’est sûr.
P.D : Aurais-tu aimé que ce genre de situation dure indéfiniment ?
CP : Eh bien, que ça me plaise ou non, ça a bel et bien duré, Paul. Je suis content que ce soit enfin à peu près terminé, et je précise bien : à peu près.
P.D : Ouais…
CP : Ouais, ça me donne un peu de satisfaction -beaucoup plus, en fait- d’avoir le plaisir de travailler avec des gars comme ceux que j’ai eu l’occasion de rencontrer, car j’ai rencontré des têtes nouvelles, tu vois, des petits nouveaux. J’aime bien travailler avec eux quand l’occasion se présente. Et en particulier avec toi, Paul.
P.D : Oh, merci !
C.P. J’ai pris beaucoup de plaisir à bosser avec toi ; ça vaut de l’or, ça. Et avec David, Dave Brubeck, David Brubeck. Des tas de musiciens sont arrivés depuis cette époque. On se met à songer que tout ce qu’on a fait n’a pas été vain, qu’on a fait des efforts pour prouver quelque chose et…
P.D : Eh bien, tu l’as réellement prouvé. Je crois que personne n’en a fait plus que toi au cours des dix dernières années, pour marquer de son empreinte l’histoire du jazz.
C.P : Non, pas encore, Paul. Mais j’ai bien l’intention d’y arriver. J’aimerais étudier un peu plus ; je n’en ai pas encore tout à fait terminé. Je ne me trouve pas trop vieux pour apprendre.
P.D : Non. Je sais qu’un tas de gens t’observent en ce moment même avec le plus grand intérêt, pour voir quels nouveaux trucs tu vas nous sortir au cours des cinq prochaines années, et moi le premier. Alors, qu’est ce que tu voudrais faire ?
C.P : Eh bien, pour parler sérieusement, je vais essayer de me rendre en Europe pour étudier. J’ai eu le plaisir de rencontrer un certain Edgar Varèse à New-York. C’est un musicien classique européen. Il est français. C’est un type gentil, et il est d’accord pour me donner des leçons. En fait il veut écrire pour moi, parce qu’il pense que je suis plus fait pour…ça serait plus ou moins sur une base sérieuse, vous me suivez, et s’il m’accepte… je veux dire, quand il en aura fini avec moi, j’aurai peut-être l’occasion d’aller à l’Académie Musicale (sic), à Paris même, pour étudier. Mon but, par-dessus tout, c’est toujours d’apprendre à jouer de la musique, n’est-ce pas…
P.D : Est-ce que tu étudierais l’instrument, ou la composition ?
C.P : J’étudierais les deux. Je ne veux pas abandonner l’alto.
P.D : Non, il ne faut pas. Ce serait une catastrophe !
C.P : Non, je ne veux pas faire ça. Je sais que ça ne marcherait pas.
P.D. Bon, nous sommes en train de perdre le fil de nos enregistrements, mais c’est absolument passionnant. Aimerais-tu dire quelque chose de Miles Davis ?
C.P : Ouais, eh bien je vais vous raconter comment j’ai connu Miles. En 1944, Billy Eckstine a réuni sa grande formation. Dizzy faisait partie de cet orchestre, ainsi que Lucky Thompson (sax ténor). Il y avait aussi Art Blakey (drums), Tommy Potter (basse), et un tas d’autres types, et en bout de ligne, votre serviteur.
P.D : La modestie ne te mènera nulle part, Charlie.
C.P (rires) : La première fois que j’ai eu le plaisir de faire la connaissance de Miles, c’était à St Louis, quand il était gamin et qu’il allait encore à l’école. Plus tard il est venu à New-York. Il a fait Julliard, Miles. Il est sorti de Julliard, et à l’époque je commençais juste à réunir des musiciens : cinq musiciens comme ci, cinq musiciens comme ça… Bon, donc j’ai réuni un quintette et nous avons fait le Three Deuces pendant sept ou huit semaines, et à cette même époque Dizzy - après le démantèlement de l’orchestre Eckstine – Dizzy était sur le point de créer son grand orchestre. Il se passait tellement de trucs que c’est difficile à décrire, parce que tout est arrivé en l’espace de quelques mois. Néanmoins, je suis reparti en Californie en 1945 avec Dizzy, après avoir dissous mon orchestre (le premier groupe que j’avais monté), et puis je suis revenu à New-York en 47, au début de 47, et c’est là que j’ai pris la décision d’avoir mon propre orchestre de manière permanente, et Miles a fait partie de mon groupe original. Dans ce groupe j’avais Miles, j’avais Max Roach (drums), j’avais Tommy Potter (basse) et Al Haig (piano). Un autre groupe que j’avais, c’était avec Stan Levey (drums), Curley Russell (basse) et George Wallington (piano). Mais je vois que vous avez un disque là bas, un des disques que nous avons faits avec Max et Miles , plus votre obligé et Duke Jordan. Je crois que c’est Perhaps, n’est-ce pas ? Bon ; tout ça s’est passé dans l’année 47, 46-47. Ces faces-là ont été enregistrées à New-York, à WNEW, 1440 Broadway, et ça a été le début de ma carrière de chef d’orchestre.
J.M : Okay. Eh bien alors, écoutons Perhaps.
Interlude Musical
J.M : Et maintenant, puisque nous n’avons plus le temps, et qu’il y encore tellement de choses à dire, nous continuerons la retransmission de cette interview de Charlie Parker par Paul Desmond samedi à sept heures. J’aimerais vous rappeler de ne pas vous priver de l’occasion d’entendre Charlie Parker et son orchestre soit ce soir, soit demain au Hi-Hat, et Paul Desmond avec le quartette de Dave Brubeck au Storyville. Ici John MacLellan, en espérant vous retrouver samedi prochain à sept heures, pour la deuxième partie de l’histoire de Charlie Parker, avec d’autres extraits musicaux.
(traduction : Papamutt Carhaix)
22:33 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musique, music, musiques, jazz
10.04.2008
28) Pauline Leblond, 17 ans, Trumpet Girl
Cette interview de Pauline Leblond s’est déroulée sur MSN le jeudi 10 avril de 14h à 15h. Il y a déjà la photo de Pauline. Le son viendra plus tard...
Papamutt dit :
Esprit, es-tu là ?
MiNiPoLLuX /// dit :
Oui, l'esprit est là
Papamutt dit :
Super ! Alors nous allons commencer par les présentations. Je te connais un peu, puisque je t'ai déjà entendue jouer. C'était au Conservatoire de Nantes, à l'occasion de l'audition des élèves de Jean Marie Bellec. Je ne me rappelle plus si c'était en 2005 ou en 2006...
MiNiPoLLuX /// dit :
Donc voilà je m'appelle Pauline Leblond j'ai 17 ans maintenant (et oui ça grandit vite) Jean-Marie nous propose assez souvent des auditions de jazz, donc, je ne sais pas si c'était plutôt 2005 ou 2006
Papamutt dit :
Ouais, 2006, je crois. Bon. J'avais été très impressionné de t'entendre jouer Mercy Mercy Mercy, de Joe Zawinul. En t'écoutant choruser, je me disais : « Ouah, ça décoiffe ! Il y a pas mal de professionnels qui feraient bien d'en prendre de la graine". Ce qui m'a frappé, c'est le son, et aussi l'enthousiasme, la joie, le plaisir de jouer... C'est dans ton tempérament, j'imagine...
MiNiPoLLuX /// dit :
En jazz c'est vrai que je m'éclate vraiment. J'essaie de m'exprimer le plus possible quand je joue et surtout quand je joue du jazz.
Papamutt dit :
Mais tout ça ne tombe pas du ciel. Tu travailles aussi, sûrement. Parle-moi un peu de tes années de trompette, de tes débuts dans le jazz etc...
MiNiPoLLuX /// dit :
Tout a commencé un beau jour quand j'habitais à Caen. Un prof de musique du coin m'a proposé la trompette, et puis ça a marché.
Papamutt dit :
Tu avais quel âge ?
MiNiPoLLuX /// dit :
J'avais 6 ans quand j'ai commencé. Donc, j'ai continué et puis on est arrivé à Nantes. Je prenais du plaisir à jouer et puis j'ai amélioré mon son, ma technique, et ma maturité s'est développée. Donc, ça fait déjà pas mal d'années que j'en fais.
Papamutt dit :
Une fille qui joue de la trompette, ce n'est pas si courant que ça ?
MiNiPoLLuX /// dit :
C'est vrai, que les cuivres en général sont plutôt des instruments de mecs.
Pour la puissance qu'il faut avoir surtout. Mais ça se développe, et aujourd'hui en classe de cuivres du Conservatoire de Nantes, il y a de plus en plus de filles.
Papamutt dit :
Est-ce que tu connais des trompettistes de jazz de haut niveau, des filles ?
MiNiPoLLuX /// dit :
Je dois avouer que sur les joueurs de jazz connus, je ne suis pas très calée…
Mais je pense pas connaître de trompettiste fille, même si ça doit exister ...
Papamutt dit :
Alors je vais t'en recommander deux : il y a d'abord Ingrid Jensen, une canadienne, qui roule sa bosse depuis longtemps déjà. Elle est formidable. Et en France, nous avons Airelle Besson, qui est une cliente sérieuse. Si tu vas sur Youtube, tu les trouveras sûrement. Mais j'imagine que pour jouer comme tu le fais, tu as dû écouter des trompettistes, tout de même...
MiNiPoLLuX /// dit :
C'est vrai, que très petite, mon père m'a beaucoup aidée et il me faisait jouer sur des disques, toute sorte de trucs, mais surtout du jazz. Et c'est comme ça que j'ai travaillé mon oreille. Pour ça je dois dire merci à mon papa.
Papamutt dit :
D'accord… Papa est musicien. Je comprends mieux. Depuis le début de ces interviews, tous les jeunes à qui j'ai parlé viennent de familles de musiciens ; ça se transmet....
MiNiPoLLuX /// dit :
En fait, il n’est pas musicien, mais il est mélomane. Il a fait de la batterie quand il était petit et il a fait du chant, en amateur, et ma mère pareil, elle faisait de l'alto, sans pousser les études jusqu'à l'extrême … Mais c'est moi, la première a vraiment vouloir faire de la musique mon métier, suivie de près par mon petit frère.
Papamutt dit :
Ah, tu veux devenir professionnelle? J'allais te poser la question, mais tu vas plus vite que moi... Excuse-moi de revenir à la charge : tu dois bien connaître des musiciens comme Clifford Brown, Freddie Hubbard ? Miles, Donald Byrd, Kenny Dorham, Wynton Marsalis ? Ce n'est pas possible d'avoir un style comme le tien sans avoir étudié les maîtres de très près ?
MiNiPoLLuX /// dit :
J'ai toujours écouté beaucoup de musique, mais sans faire attention à qui jouait (c'est peut-être une erreur, d'ailleurs). Je connais bien sur les plus grands .
Papamutt dit :
Est-ce que tu suis toujours les cours de jazz de Jean Marie ?
MiNiPoLLuX /// dit :
Je prends des cours de jazz toujours, mais plus avec Jean-Marie, il en a eu marre de moi !!! Je suis avec Josselin Quentin, percussionniste.
Papamutt dit :
D'accord. Toujours pour le jazz ? Ou bien pour le classique aussi ?
MiNiPoLLuX /// dit :
Le classique également bien sûr, et c'est de plus en plus dur...D'ailleurs je pense que je me tournerai plus vers le jazz dans ma future carrière , car je m'éclate sans doute plus et puis au niveau technique, ça a l'air moins compliqué...Enfin, on peut s'en sortir à peu près même si on a du mal techniquement (ce qui est plutôt mon cas...) Et puis je ferai sans doute aussi de la musique actuelle autre que le jazz...Ce que j'ai déjà commencé à faire.
Papamutt dit :
De la musique cubaine, par exemple ?
MiNiPoLLuX /// dit :
Oui, il m'est arrivé de jouer de la musique brésilienne, précisément.
MiNiPoLLuX /// dit :
Ou du rock électro ...eh ouais !
Papamutt dit :
Ou trouves tu des occasions de jouer en groupe ? Tu as des musiciens expérimentés avec qui jouer ?
MiNiPoLLuX /// dit :
J'ai beaucoup d'amis qui sont musiciens et je trouve des occasions comme ça, c'est à dire, qu'il se trouve que je joue souvent (les plus gros cachetons...) avec les parents de mes amis. Souvent, parce qu'ils aiment bien mon jeu, et au fur et à mesure, on s'entend bien voire très bien musicalement, et humainement, et de fil en aiguille, j'en arrive à me trouver des plans sympas et des contacts...
Une seconde : j'envoie une photo de moi à la trompette, c'est la seule que j'aie ...
Papamutt dit :
Vas-y, pour la photo. Moi, je t'enverrai pas la mienne, je suis trop vieux, et trop moche ah ! ah ! ah ! Donc tu es déjà une musicienne "de terrain". Tu vas toujours au lycée, aussi ?
MiNiPoLLuX /// dit :
Eh ouais, je vais toujours au lycée. Et ça prend du temps
Papamutt dit :
En quelle classe es-tu ?
Je suis en 1ere F11 à Clemenceau. Donc, je vais vers un bac spécialité « musique ».
Philippe dit :
Ok, bien reçu la photo. Super !
MiNiPoLLuX /// dit :
ha ha ha ! Avec Jean-Marie Bellec, même si je ne suis plus son cours, on se voit souvent et en ce moment on travaille sur un projet Musique improvisée - Danse improvisée (ou pas). Et c'est très intéressant pour moi, qui ai été danseuse, en mon temps...
Papamutt dit :
-Décidément, tu en as, des talents ! C'est peut-être pour ça, que sur le plan rythmique, tu m’avais donné l'impression d'assurer...
MiNiPoLLuX /// dit :
Ouais, c'est vrai que j'essaie toujours d'y aller à fond , même quand je me plante, donc, j'ai une certaine assurance et puis je prends des risques, et puis tant pis si c'est pas en place, mais comme ça l’est tout de même, la plupart du temps, alors tant mieux...
Papamutt dit :
Ouais. Il faut écouter les batteurs, les grands. Il y a une complicité entre les batteurs et les trompettistes. Max Roach-Clifford Brown, Philly Joe-Jones-Miles Davis, Art Blakey-Lee Morgan etc... Je crois que c'est parce que la trompette est un instrument très précis, qui attaque toujours franchement. Pour un batteur, c'est plus facile d'entrer en relation avec un trompettiste qu'avec un autre instrument, je trouve...
MiNiPoLLuX /// dit :
On attend très souvent des trompettistes que le son envoie avec une grande précision, c'est pour ça que les batteurs et les trompettistes s'entendent bien.
En musique je parle, quoique... Bon eh bien je ne vais pas tarder à partir car mon prof de trompette m'attend, et après j'irai travailler avec JM ... Ce fut un plaisir
Papamutt dit :
D'accord ! Merci pour tout, Pauline. N'oublie pas de m'envoyer un super enregistrement. Il faut que le monde t'entende jouer !!!!
MiNiPoLLuX /// dit :
Ok ça marche !
Papamutt dit :
A bientôt ! Au plaisir de t’entendre sur scène !
MiNiPoLLuX /// dit :
Salut et merci...
THE END
15:45 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : musique, musiques, music, jazz
05.04.2008
27) Malo Mazurié, 17 ans, Young Man With A Horn
Cette interview de Malo Mazurié a été réalisée sur MSN le samedi 5 avril entre 19h et 20h.
Malo dit :
Salut !
Papamutt dit :
Je crois que ça marche. Tu me captes ?
Malo dit :
C'est bon, 5 sur 5.
Papamutt dit :
Alors, commençons. Je t'ai entendu à Châteuneuf du Faou, il y a trois ans, avec l’orchestre « Good Time Jazz » de Trevor Stent. Tu devais avoir 13 ans, et tu jouais magnifiquement bien…
Malo dit :
Merci beaucoup
Papamutt dit :
…dans un style proche de Bix Beiderbecke. Qu'es-tu devenu depuis ?
Malo dit :
Depuis, j’ai évolué vers le Bop ou le Funk mais je continue de jouer dans ce style dès que j'en ai l'occasion.
Papamutt dit :
Je te comprends. Il n'est pas donné à tout le monde de jouer le jazz traditionnel avec tant de pureté. As quel âge as-tu donc commencé pour avoir pu maîtriser ce style aussi bien ?
Malo dit :
Mon père écoutait toujours cette musique. Elle m'a beaucoup plu. J'ai commencé à 7 ans, le jazz traditionnel et le classique en même temps. Le style est venu avec tout ce que j'ai écouté, sûrement.
Papamutt dit :
Dit comme ça, ça a l'air facile... Mais dis-moi, tu es toujours lycéen ?
Malo dit :
Je suis au lycée, en première S, à Rennes.
Papamutt dit :
Y a t’il d'autres jeunes gens de ton âge qui s'intéressent au jazz, dans ton environnement, ou bien es-tu le seul ?
Malo dit :
Dans l'environnement scolaire certainement pas ! Mais au conservatoire ou en traînant dans les jams à Rennes, on en trouve quelques-uns. Malheureusement, personne pour le "vieux style" !
Papamutt dit :
Comment es-tu passé du vieux style à Ornithology, qu'on t'entend jouer sur ton site Myspace ?
Malo dit :
J'y suis venu très progressivement. J'ai commencé par écouter des morceaux plus swing, puis Chet Baker, les Jazz Messengers. Je commence maintenant à jouer encore plus moderne (la musique de Coltrane par exemple) grâce aux cours que je prends avec Pascal Salmon au conservatoire depuis un an et demi.
Papamutt dit :
On peut jouer vieux style "à la feuille", et tu as de toute évidence une excellente feuille, mais pour le bop et la suite, c'est plus difficile, non ? Il faut des connaissances...
Malo dit :
Oui, j'ai beaucoup plus de problèmes avec le bop au niveau de l'harmonie mais chaque style a ses difficultés. Pour certains morceaux de bop comme Donna Lee par exemple, ce sont des harmonies pas si lointaines du vieux style, mais pour ce qui est des autres, cela devient très dur de jouer exclusivement à l'oreille !
Papamutt dit :
Mais tout de même, quand on t'entend jouer « Lover Man » en duo avec Howard Alden, je ne vois pas ce qu'il faut de plus. Moi, je trouve ça épatant. Parle-moi de tes trompettistes préférés...
Malo dit :
La liste est longue car ça va de 1900 à maintenant. Il y a bien sûr King Oliver et Louis Armstrong, incontournables pour le New-Orleans, Bix Beiderbecke qui a un jeu plus compliqué harmoniquement (lorsqu'il joue au piano surtout), Chet Baker pour le son, Miles Davis, Clifford Brown, Lee Morgan, Roy Eldridge... Plus récemment, j'écoute Roy Hargrove, Arturo Sandoval, Wynton Marsalis (qui est le trompettiste actuel le plus complet du classique au free-jazz en passant par le vieux style) et beaucoup d'autres encore, pour ce qui est des trompettistes.
Papamutt dit :
Parmi les jeunes musiciens de ta génération, tu es l'un des rares à "couvrir" ainsi toute l'histoire de la trompette, et du jazz ! J'imagine que tu connais même Papa Mutt Carey ? C'est à dire le "vrai" Papamutt...
Malo dit :
Non, pour le moment mais je ne demande qu'à connaître !
Papamutt dit :
C'est un contemporain de Joe Oliver. Tape son nom dans Google, tu tomberas sur un article de Wikipédia...
Malo dit :
Je venais de le faire !
Papamutt dit :
Question qu'on pose toujours à un jeune musicien : envisages-tu une carrière professionnelle ?
Malo dit :
Oui, je l'envisage. Mais je sais que c'est dur, de nos jours, alors je vais continuer les études pour avoir une "roue de secours". Bien sûr, si je peux vivre de la musique, ce sera le rêve !
Papamutt dit :
Je vois, d'après ton site Myspace que tu as des contacts dans les milieux du jazz parisiens, et même international. J'ai relevé les noms de Marc Richard, Patrick Artero ... De vieux amis avec qui j’ai moi-même joué il y a trente ans…tu as donc déjà un pied dans le "métier"...
Malo dit :
Un doigt de pied ! J'ai quelques contacts comme ces musiciens-là, mais je ne joue pas encore souvent avec eux. C'est exceptionnel pour le moment, mais j'espère bien rejouer avec eux le plus vite possible.
Papamutt dit :
Cher Malo, je ne veux pas abuser de ta patience. Pour compléter cette interview, j'aimerais que tu me fasses parvenir une vidéo, c'est possible ?
Malo dit :
Je n'ai pas de vidéos, hélas ! Quelques photos peut-être ?
Papamutt dit :
Bon alors, peux-tu m'envoyer une photo, et un enregistrement, celui qui te plaira ?
Malo dit :
Oui. Je t’envoie ça tout de suite … Je vais t’envoyer « Weather Bird » car je le joue au piano et à la trompette. La photo te plaira sûrement, avec Patrick, Marc, et Stan Laferrière.
Papamutt dit :
Oui, ce sera parfait.
Malo dit :
Ok. Pas de problème.
Papamutt dit :
Malo, ce fut un plaisir de converser avec toi. Je viens de recevoir Weatherbird.
S'accompagnant lui-même au piano par le procédé du re-recording, Malo interprète ici "Weatherbird", que Louis Armstrong enregistra en duo avec Earl Hines le 5 décembre 1928.
Et la photo !

Malo Mazurié, trompette Patrick artero, trompette, Marc Richard, alto, Stan Laferrière, dms
Avant de te quitter, y a t'il quelque chose que tu aurais voulu dire, mais que tu n'as pas dit, parce ce que je ne t'ai pas posé la bonne question...
Malo dit :
Rien de spécial à ajouter ! J'espère qu'on pourra se croiser à Châteauneuf du Faou, je reviens jouer le 3 Août pour le festival, avec un quartet qu'on a monté au conservatoire dans un style be-bop. Mais j'irai sûrement faire le boeuf avec Trevor Stent et The Bottomland Orchestra car j'ai vu qu'il y avait Matthias Seuffert (cl) avec qui j'ai joué en Allemagne. Ce sera un plaisir de le retrouver !
Papamutt dit :
A bientôt, à Châteauneuf, alors. Et je remercie de t'être prêté à cette interview. Ainsi, on saura que le jazz n'est pas une musique pour les vieux ! Kenavo !
Malo dit :
A bientôt ! Kenavo !
Papamutt dit :
A+ Je mettrai tout ça en ligne tout à l'heure. But dinner first !
Malo dit :
Yes, me too !
Papamutt dit :
Et bonne chance pour la suite !
Malo sur Myspace
21:42 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musique, musiques, music, jazz
23.03.2008
26) Maxence RAVELOMANANTSOA, 18 ans, saxophoniste
Cette interview de Maxence a été réalisée sur MSN Live Messenger le dimanche 23 mars 2008, de 15h30 à 16h30.
Papamutt dit :
Salut Maxence. Tu me reçois ?
Take the Coltrane dit :
Salut Papamutt, yes 5 sur 5 !
Papamutt dit :
Bon, alors on commence. Comme cela se fait toujours, je vais te demander de te présenter...
Take the Coltrane dit :
D'accord. Bon euh... eh bien je m'appelle Maxence Ravelomanantsoa j'ai 18 ans et je suis actuellement une formation au Conservatoire de St-Brieuc pour passer le Diplôme d'Etudes Musicales (DEM) section Jazz.
Papamutt dit :
Tu envisages donc une carrière professionnelle ?
Take the Coltrane dit :
Oui j'aimerais bien ! Mais je t'avoue que l'enseignement ne me passionne pas vraiment.
Papamutt dit :
Pour moi, qui t'ai accompagné toute une soirée, tu es déjà un professionnel.
Take the Coltrane dit :
Hahaha, c'est gentil de dire ça, mais objectivement, la route est encore très longue avant que je sois vraiment un jazzman « professionnel » ! Mais je ne désespère pas.
Papamutt dit :
Est-ce que tu songes à enseigner ?
Take the Coltrane dit :
Je pense que c'est un peu obligatoire dans les temps actuels, vivre juste de sa musique n'est pas une chose facile. Sauf pour les très très bons ! Et comme ce n’est pas le cas, l'enseignement me paraît un peu obligatoire.
Papamutt dit :
Il faut y croire, quand même. C'est un peu le creux de la vague, en ce moment, mais avec le nombre de jeunes musiciens, ça repartira un jour, c'est forcé.
Take the Coltrane dit :
C'est sûr !
Papamutt dit :
Bon. Parle moi de tes goûts, en matière de jazz.
Take the Coltrane. dit :
Oula, il sont vastes !
Papamutt dit :
Limitons-nous au saxophone...
Take the Coltrane dit :
Ok ! Allons-y : il y a déjà l'incontournable Charlie Parker… Dexter Gordon, Sonny Rollins, et le maitre absolu : John Coltrane !!! Puis sinon, Brecker, Branford Marsalis, Kenny Garrett, Joe Lovano, Chris Potter, Joshua Redman... Eh oui, la liste est longue.
Papamutt dit :
Je trouve que tu as un jeu très rythmique, très axé sur la batterie, comme si tu avais aussi écouté les batteurs. Est-ce que c'est le cas ?
Take the Coltrane dit :
Effectivement je suis très attiré par la batterie.
Papamutt dit :
Ah, ça m'intéresse. Raconte...
Take the Coltrane. dit :
Eh bien, je sais pas trop comment l'expliquer, mais je suis un peu un obsédé du "swing", ou du "groove" comme on veut ... Je peux écouter Tony Williams ou Elvin Jones pendant des heures sans m'ennuyer une seule seconde.
Papamutt dit :
Tu parles !
Take the Coltrane. dit :
Hahaha ! Mais mon idole reste quand même Jeff "Tain" Watts. Il a un swing à tomber par terre !!!
Papamutt dit :
Est-ce que tu dirais que Rennes est une ville qui swingue ?
Take the Coltrane dit :
Euh, dans quel sens ?
Papamutt dit :
Est-ce qu'il y a beaucoup de musiciens de jazz, beaucoup d'endroits où jouer ?
Take the Coltrane dit :
Eh bien, au niveau des musiciens il commence à y avoir un "noyau dur" : des gens motivés et surtout qui ont un super niveau !
Papamutt dit :
Oui, c'est ce que j'ai cru remarquer, l'autre soir au Knock. C'est formidable, ça.
Take the Coltrane dit :
Sans vouloir faire de propagande, LE lieu pour le jazz, à Rennes, c'est le Scaramouche, lors de la jam session du mercredi soir. Mais il y a aussi d'autres endroits propices : le Café des Bricoles, Brequigny, la Harpe, l'Institut Franco-Americain. Mais ce n’est pas encore assez !
Papamutt dit :
Depuis qu'on enseigne le jazz, ça a fait bouger les choses. Toi, par exemple, peux-tu dire que tu as reçu un enseignement de jazz spécifique alors que tu étais encore gamin ?
Take the Coltrane dit :
Et bien, à l'école de musique dans laquelle j'étais inscrit jusqu’à maintenant, le professeur de saxophone, Jean-Baptiste TAROT, était aussi un excellent musicien de jazz. Donc effectivement j'ai commencé à travailler le "jazz théorique" grâce à lui. Mais cette musique ne s'apprend pas comme ça ! Bien sûr, cela te fait gagner beaucoup de temps, et c'est surtout super intéressant. Mais la meilleure école pour apprendre à jouer, selon moi, c'est l'écoute ! Il faut acheter les disques des maîtres, et les écouter, écouter et encore écouter. L'apprentissage par immersion, il y a que ça de vrai ! Enfin, c’est mon point de vue.
Papamutt dit :
Tu as raison, évidemment. Et le repiquage ?
Take the Coltrane dit :
Cela va de soi ! Cela fait partie de l'écoute "active"
Papamutt dit :
Une question qui se pose toujours : viens-tu d'une famille de musiciens ?
Take the Coltrane dit :
La réponse est oui. Mon père joue du saxophone et ma mère chante et joue un peu de piano. Mais ce sont surtout des grands fans de jazz (et de toutes sortes de musique aussi ...) La musique a une grande place dans l'éducation que j'ai reçue, et que je reçois toujours, d'ailleurs !
Papamutt dit :
Tu as de la chance. A notre époque, on voit tellement de parents ne s'intéresser qu'à une chose : les résultats en maths de leur progéniture. Alors qu’en en fait, le jazz n'est pas le contraire des mathématiques.
Take the Coltrane dit :
Ca c'est sûr ! D'ailleurs la plupart des musiciens que je côtoie on fait un Bac S !
Papamutt dit :
Exact. J'ai remarqué ça depuis toujours. Le jazz, c'est une musique de scientifiques ! Une musique exacte !
Take the Coltrane dit :
Hahaha, ça doit etre ça ! Ca ne te dérange pas que je fasse un peu de pub ?
Papamutt dit :
Tu peux !
Take the Coltrane. dit :
Merci ! Alors, juste un petit lien : http://www.myspace.com/planetejazz
C’est une assos' de musiciens qui essaye de faire bouger les choses sur Rennes !
On trouve des dates de concerts, et autres informations concernant le jazz rennais.
Papamutt dit :
Très bien ! Et il faudra que tu me donnes une belle vidéo de toi !
Take the Coltrane dit :
Ah, oui ! J'en attends une bientôt. Je te la ferai parvenir !
Papamutt dit :
Super ! En attendant, peux-tu m'envoyer une simple photo ?
Take the Coltrane. dit :
Euh, je vais regarder ce que j'ai ! En ce moment, je joue avec le trompettiste Malo Mazurié dans un groupe monté par le contrebassiste Simon DESERT ( CG Quartet ...
Papamutt dit :
Je connais Malo, qui n’a pas plus de 16 ans, je crois. Je l’ai entendu quand il en avait 13. Il a commençé avec le jazz Nouvelle-Orléans, chose très rare de nos jours (Je crois que son père joue du piano "stride"). Mais j'ai écouté ses podcasts, et je vois qu'il a viré au bop. Costard-cravate et tout. Il a l'air d'un vrai pro !
Take the Coltrane. dit :
Carrément, ç'en est un !
Papamutt dit :
Puisque nous parlons d’un jeune musicien qui a appris le jazz dans l’ordre chronologique…Est-ce que tu connais l'histoire du jazz ? Est-ce que tu lis des bouquins là-dessus ?
Take the Coltrane. dit :
Oh oui, je trouve que c'est essentiel !
Papamutt dit :
Ouais. Ca, ne te fait pas mieux jouer, remarque. Mais les bios de musiciens, tout ça, je trouve ça passionnant. Et je les lis en VO, c’est encore mieux. Tu parles anglais ?
Take the Coltrane. dit :
Un peu ! Du moins j'essaye
Papamutt dit :
Ca aide un peu, surtout pour faire carrière en Amérique. Bon je crois qu'on va arrêter là, ça en fait déjà un bon bout.
Take the Coltrane. dit :
Ok ça marche. En tout cas, felicitations pour ton blog, il est vraiment super ! J'adore le passage où tu racontes ta rencontre avec Chet Baker !
Papamutt dit :
Ouais, c’est un souvenir…Salut Maxence, et au plaisir de rejouer ensemble. Si j'ai une occasion, je te fais signe, c'est promis. Le problème, c'est que dans mon coin, les occasions sont rares ! Du moins pour le jazz que nous aimons.
Take the Coltrane dit :
Ok ça marche ! Encore bravo et merci pour ton travail !
Keep playin' man !
Papamutt dit :
Ouais. Tu as lu ma devise MSN ?
Take the Coltrane dit :
Euh, non je crois pas...
Take the Coltrane dit :
Peut être que mon logiciel ne l'affiche pas ...
Papamutt dit :
Normalement , elle doit se trouver près de la photo. C'est une citation de Clark Terry. "Je suis trop vieux pour faire le proxénète, trop jeune pour mourir, alors je m'en vais continuer à jouer… ! »
Take the Coltrane dit :
Ha ! ha ! ha ! Excellent !
Papamutt dit :
Kenavo, Maxence !
Take the Coltrane dit :
Kenavo, Papamutt !
Jam-session au Knock, à Rennes, le 14 février 2008. De gauche à droite Guillaume Saint James (ts), Jerôme Seguin (b), Maxence Ravelomanantsoa (ts), Erwan Boivent (g), Papamutt Carhaix, dms. Pascal Salmon (caché) était au piano.





